Honorable Mention in the category « Reportage / News »
La photographie a toujours posé la question ouverte de ce qui se fixe et s’efface, capturant une temporalité déjà évanouie. Elle est par essence, d’emblée, au passé. Sûrement obsolète. Simple témoignage. Elle n’apporte ni réponse ni jugement et déporte un regard ébloui sur le monde, sa beauté mêlée de pertes et tant de questions en suspens. Elle se met à l’épreuve des nouveaux costumes de l’allégorie des Hommes, des Vanités qui changent de masque avec l’époque mais qui ne tarissent pourtant jamais leur propre fantasme : celui de Révolution de toute jeune génération qui déclame la fin de ses Pères et du monde d’avant, l’appel au chant du cygne des pratiques d’antan.
Il s’agit dans ce travail d’exposer à la vue quelques tranches de vies, sûrement avec sa part de violence, un peu du vivant, cru, cruel, dans ses retranchements, ses saignées, ses représentations, ses appétits. Un peu d’en chair qui réclame la prise au-delà de l’illustration. Autrement dit, un tranchant d’œil à la Buñuel. Pour évoquer un à vif en condition.Colleter le regard aux négatifs. Intercepter tout juste un peu de chaos dont la vertu serait de suivre les traces de sa disparition annoncée. Saisir la danse des coqs et des toreros reliée à l’imaginaire de Goya, un trait de Picasso ou bien une lithographie de Viallat, danse à la fois macabre, vitale, courageuse dans la lignée viscérale d’un tirage photographique de Baldomero.
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